Odon Vallet, une fortune au service de l’éducation de jeunes Africains

21112009

Cest un appartement sans prétention, dans le 6e arrondissement de Paris. Des cen-odonvalletlesenfantsdumiraclesl.bmptaines de livres habillent les étagères du salon. Ici et là, des bibelots exotiques témoignent d’un intérêt du propriétaire pour les pays lointains. Pas de toile de maître, ni de meuble cossu pour rompre la sobriété des lieux. Un intérieur un brin austère en somme. Le maître de maison reçoit avec la même simplicité : en pantalon de marche et en basket. À son allure, il est impossible d’imaginer qu’Odon Vallet est le fils d’un ouvrier qui fit fortune dans les assurances.

Le célèbre historien des religions a pourtant bel et bien hérité de la somme de 320 millions de francs après le décès de ses parents en 1989. De quoi dépenser sans compter. Sauf qu’Odon Vallet, c’est l’histoire d’un homme qui ne voulait pas vivre en multimillionnaire. Rouler en voiture de sport ne l’intéresse-t-il pas ? « À quoi bon, avec les limitations de vitesse », répond-il en haussant les épaules. Ne pourrait-il pas se loger dans un hôtel particulier ? « Je me perdrais tout seul au milieu d’un appartement de 500 m2», assure ce fils d’une châtelaine désargentée. Bref, le luxe l’indiffère.

Aujourd’hui, l’érudit gagne 5 000 € par mois de ses revenus de professeur d’université et de ses droits d’auteur. « La somme me suffit amplement », fait remarquer ce célibataire, sans enfant à charge ni successeur désigné. Que faire alors de sa fortune ? La question a taraudé le chercheur pendant dix ans. « Je n’avais pas le droit à l’erreur », se souvient-il. En 1999, il se lance et crée la Fondation Odon Vallet avec le concours de la Fondation de France. En guise de capital de démarrage, il dépense 100 millions d’euros. Autrement dit, la quasi-totalité de son héritage, qu’il avait entre-temps fait fructifier. Un pactole qui ne lui appartient plus désormais.http://www.la-croix.com/img/la-croix/commun/pix_trans.gif

Plus de 3000 bourses par an

http://www.la-croix.com/img/la-croix/commun/pix_trans.gifOdon Vallet s’est engagé dans la voie qu’il connaissait le mieux : l’éducation. Sa fondation offre plus de 3 000 bourses par an, après une sélection rigoureuse des élèves les plus méritants issus de familles modestes. Les étudiants des écoles d’arts appliqués en France se voient remettre 300 bourses d’un montant de 3 900 €. Près de 900 collégiens ou lycéens du Bénin reçoivent aussi chaque année une aide de 560 € destinée à financer leur scolarité. Enfin, 2 000 bourses d’environ 300 € viennent épauler les premiers de la classe au Vietnam.

À date fixe, Odon Vallet voyage en personne au Bénin et au Vietnam pour rencontrer ses protégés, leurs familles, les professeurs, les chefs d’établissement, ou des amis de longue date qui constituent autant de relais à l’heure de dénicher l’élève méritant. Il transmet l’argent de la main à la main à chacun des boursiers. « Je leur fais recompter la somme devant moi, précise-t-il. Il faut être d’une vigilance absolue sur ces questions-là. » Les billets sont ensuite placés sur des comptes épargnes, dont les retraits sont contrôlés par des travailleurs sociaux.

En bon militant d’une méritocratie rigoureuse, Odon Vallet impose des critères draconiens. Redoubler, c’est perdre sa bourse. Définitivement. Au Bénin et au Vietnam, cela signifie arrêter ses études, les familles ne pouvant pas assurer les frais de scolarité. « On ne peut pas faire de sentiment, insiste l’historien. Et j’ai pour principe de me méfier de l’enthousiasme. » Il y aurait de quoi s’enflammer pourtant, au regard du taux de réussite au bac de ses protégés. Au Vietnam, le score atteint les 100 %. Les Béninois font à peine moins bien avec 94 % de succès.http://www.la-croix.com/img/la-croix/commun/pix_trans.gif

“Je refuse les passe-droits, je traque les fraudeurs”

http://www.la-croix.com/img/la-croix/commun/pix_trans.gifLa suite ? La fondation aide ceux qui le veulent à poursuivre leur formation dans les odonvallet01sl.jpguniversités locales. Une infime minorité des protégés d’Odon Vallet vient étudier en France, en passant par le prestigieux lycée Louis-le-Grand, à Paris. « Je vois personnellement les jeunes candidats à l’Europe, poursuit l’érudit. Je refuse les passe-droits, je traque les fraudeurs. Je vérifie les diplômes, les parcours, les motivations. Pour être retenu, il faut se classer premier ou second au bac de son pays, plus présenter de solides capacités d’adaptation. »

Avec ses premiers de la classe, Odon Vallet joue tour à tour les papas poules et les adjudants-chefs. Il les rassemble une fois par semaine dans un bistro de Paris, encourage les uns, tempère l’enthousiasme des autres. « Ces jeunes, rappelle l’historien, sont plongés dans un environnement très différent de celui dans lequel ils ont grandi. À ce titre, ils ont besoin d’un suivi personnalisé. Il faut faire très attention à la psychologie. » La méthode semble fonctionner. Aucun de ses protégés n’a abandonné ses études. Certains ont même intégré les écoles les plus prestigieuses, comme Polytechnique.

Les bourses sont financées intégralement par la Fondation Odon Vallet, hébergée par la Fondation de France. Moins de 2 % du capital de l’association, estimé à 120 millions d’euros, est dépensé ainsi chaque année. La structure emploie au total deux salariés à mi-temps en France et quatre assistants sociaux au Bénin. Des bénévoles assurent le reste. Du coup, les frais de fonctionnement sont réduits au minimum : 7 % en France, 10 % à l’étranger. Son président suit de près la gestion des fonds. « Je commence ma journée par la lecture des Échos et de La Tribune », précise l’intéressé.http://www.la-croix.com/img/la-croix/commun/pix_trans.gif

Il se définit comme “un croyant œcuménique”

http://www.la-croix.com/img/la-croix/commun/pix_trans.gifEn théorie, la fondation peut continuer à s’autofinancer sans limite dans le temps, quelle que soit la personne aux commandes. « Mais l’éternité n’est pas une valeur humaine », tempère Odon Vallet, avant d’enchaîner sur Rome, la chute des empires, des civilisations. Derrière le philanthrope, l’homme de sciences n’est jamais bien loin. Le verbe est toujours aiguisé, le propos enrichi de citations littéraires, historiques et religieuses. Son dernier ouvrage est d’ailleurs jalonné de références à la Bible, preuve de l’importance de la foi dans la vie de l’homme de science.

Sa mère était elle-même une catholique très pratiquante. Son père aussi. Ancien chanteur à la chorale et premier prix d’instruction religieuse, le fils, lui, se définit comme « un croyant œcuménique » pour qui « la question des croyances n’est pas fermée ». « Je reste dans la chrétienté », poursuit-il, avant de refermer le sujet sur une précision : « Je n’ai pas lancé ma fondation dans une optique confessionnelle. »

À l’origine de son engagement, il y a sans doute l’amour du prochain. Un clin d’œil à sa mère aussi, qui donnait beaucoup d’argent aux associations. Une pensée pour son père d’origine modeste, qui a éprouvé toutes les peines du monde à mener à bien ses études.

La fondation occupe une place centrale aujourd’hui dans le quotidien d’Odon Vallet. Au point qu’il ne travaille plus qu’à mi-temps à l’université et qu’il a mis entre parenthèses sa passion de l’alpinisme. « Je n’aurais sans doute pas créé cette fondation si j’avais eu une famille à charge », confesse-t-il, avant de rappeler que les saints n’ont pas d’enfants. « D’une certaine manière, ces jeunes m’aident à vivre, à donner un sens à mon existence. »

©Olivier TALLÈS (La Croix, 22/09/2009
 



Vient de paraître chez Plon :”40 coups de fouet pour un pantalon”

21112009

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Le 3 juillet 2009, Lubna al-Hussein est arrêtée par la police dans un restaurant de Khartoum. Son ” crime ” : avoir porté un pantalon. La loi soudanaise punit cette atteinte à la ” moralité publique ” de quarante coups de fouet, assortis d'une amende. Tous les jours, des femmes sont condamnées au Soudan pour avoir enfreint l'article 152 du code pénal, celui qui veille sur les moeurs. Parce que leur voile n'est pas assez couvrant ou parce qu'elles sont en tête à tête avec un homme, la ” police de l'ordre public ” les conduit à l'hôpital où elles subissent un examen de virginité, puis au tribunal où les attend un jugement expéditif.C'est au nom de toutes ces femmes que Lubna a décidé de se révolter et de porter son procès devant le monde entier. A travers SON histoire, elle raconte l'histoire d'un pays qui ploie sous le joug conjugué de la loi islamique et des traditions. Un Etat où l'excision des femmes reste la règle, où des préposés aux moeurs sont postés à tous les coins de rue, jusque dans l'enceinte des universités. A lire!

40 coups de fouet pour un pantalon

Paru le: 19/11/2009

Editeur: Plon

ISBN: 978-2-259-21154-3

EAN: 9782259211543




Bonne gouvernance : des prix et des non-prix en 2009

11112009

Par Jean-Christophe Servant

Le prix Nobel Alternatif, le Right Livelood Award au Gabonais  Marc Ona Essangui

Cette année, le Gabonais Marc Ona Essangui aura été distingué par le Goldman Environnmarconaessanguiredim.bmpemental Prize, le prix Nobel Vert. Dénonçant un accord entre le gouvernement et une entreprise minière chinoise, le président de l’ONG Rainforest avait réussi à ce que Libreville réduise la taille de la concession minière menaçant le parc national d’Ivindo.

Son pair congolais René Ngongo, créateur de l’ONG Océan, engagé dans le combat pour la protection des forêts du bassin du Congo, s’est vu, lui, remettre le prix Nobel Alternatif, le Right Livelood Award, par une association, Greenpeace, dont il ouvrit le bureau dans son pays. La camerounaise Agnes Tailé, animatrice jusqu’en juin dernier d’une émission de libre antenne sur la chaine privée Canal 2 international, a reçu de son côté le prix du courage en journalisme 2009, remis par la fondation internationale des femmes dans les médias ; Denis Mukwege, gynécologue congolais soignant les femmes victimes de violences sexuelles liées à la guerre civile, prix Olof Palme 2008, était nominé pour le prix Nobel de la Paix ; enfin, l’équipe multiraciale de l’ONG sud-africaine Bobbi Bear, dont le documentaire consacré à ses « rough aunties » (ses « tanties brutes de décoffrage ») a été primé au dernier festival de Sundance, prend soin des enfants maltraités des townships de Durban.

Un non-prix qui fait du bruit

C’est pourtant un non-prix que les éditorialistes africains — relayés par les journalistes Afrique des rédactions occidentales — auront le plus commenté cette année : celui que la fondation Mo Ibrahim remet depuis 2007 aux anciens chefs d’Etat africains élus démocratiquement, ayant exercé leur mandat pendant la durée prévue par la constitution de leur pays, et qui ont quitté leurs fonctions au cours des trois années précédentes. En 2008, lors d’une conférence de presse organisée à Dakar, Mo Ibrahim expliquait l’importance d’un tel prix : « ll est grand temps d’arrêter de disserter sur la bonne gouvernance, d’en faire une poésie, il faut en faire maintenant une réalité partout en Afrique. Les Africains doivent se l’approprier, en devenir les champions et les héros. »

Or cette année, le comité international chargé de choisir un successeur à Festus Mogae, ex-chef d’Etat du Botswana, n’aura trouvé aucun candidat digne de recevoir la récompense : 5 millions de dollars versés sur dix ans au récipiendaire et 200 000 dollars par an octroyés pour le restant de ses jours. Parmi les trois qui lui avaient été présentés — les présidents sortants du Nigeria (Olusegun Obasanjo), d’Afrique du Sud (Thabo Mbeki) et du Ghana (John Kufuor) —, aucun gagnant n’est sorti du lot, reconnaît le comité, qui, tout en soulignant « les progrès en matière de gouvernance menés dans différents pays du continent », note aussi « de récents reculs dans d’autres pays ».

Philanthrocapitalisme africain

A l’origine de ce prix initié par « une fondation africaine, administrée par des Africains, avec de l’argent africain » et dont le but « est de faire bouger l’Afrique » on trouve moibrahim1.jpgun philanthrocapitaliste soudano-britannique ayant bâti sa fortune dans le secteur de la téléphonie mobile, avant de faire une solide plus-value en revendant, en 2005, sa compagnie Celtel au koweïtien MTC. Lors de son lancement, en 2007, Mo Ibrahim, qui se décrit comme un « ancien marxiste » (« Mo Ibrahim : Africa Calling », This Day, Lagos, 11 avril 2009), avait certes signalé que ce prix ne serait pas nécessairement décerné chaque année. Ce n’est pas tous les ans que l’on peut de fait saluer un homme de l’envergure de Nelson Mandela, distingué à titre honorifique par la fondation Mo Ibrahim. Pour autant, la déconvenue de ce non-prix a été particulièrement brutale pour les éditorialistes de la presse continentale, obligés une nouvelle fois de reconnaître, ironiquement ou cruellement, les travers, excès et dérives de leurs politiciens (« Le prix Mo Ibrahim est passé sous le nez de tous les chefs d’état africains encore vivants », La Nouvelle Tribune, Cotonou, 27 octobre 2009).

Certains se demandent même si un tel Award est justifié. Dans le Guardian, Reuben Abati, l’éditorialiste le plus lu du Nigeria, estime que Mo Ibrahim, plutôt que de verser de confortables sommes à d’anciens leaders, servirait mieux l’Afrique s’il finançait par exemple l’enseignement supérieur en sciences politiques. Tout en précisant qu’à tout prendre, le ghanéen John Kufuor aurait mérité cette prestigieuse distinction : « Sous son mandat, le PNB, la scolarisation et le pourcentage de population active ont augmenté. Il est l’homme qui a introduit une couverture santé gratuite pour les plus démunis ainsi que des repas gratuits à l’école. Il a fait du Ghana une success story. Et en décembre 2008, il laissait le pouvoir au candidat d’opposition John Atta Mills, du National Democratic Congress, comme le stipule la constitution et les règles électorales. Aujourd’hui, ces élections qui ont été conduites sous son mandat, un processus qui a été indirectement salué par le président Barack Obama, sont citées comme des symboles du progrès ghanéen. L’opposition accuse John Kuofor de népotisme et de corruption… mais rien n’a été prouvé » (« Mo ibrahim prize no worthy recipient », The Guardian, 23 octobre 2009).

« Que l’on arrive a convaincre les Mugabe du monde d’abandonner le pouvoir n’est qu’une partie du problème », commente Ory Okolloh du blog Kenyan Pundit. « Encore faut il se demander qui remplacera la vieille garde. Y-a-t-il vivier de jeunes pousses ? Seront elles différentes des anciens. Ou seront elles simplement une version plus jeune, plus affamée et plus cynique des mêmes, à l’instar du parlement kenyan d’aujourd’hui ? (…) Pourquoi pas créer un fonds pour les jeunes Africains qui veulent s’engager en politique à condition qu’ils s’engagent à respecter la bonne gouvernance, que le financement de leur campagne soit transparent, et qu’une fois élu, ils fassent ce qu’ils ont publiquement promis de faire… Une idée folle ? Peut-être…mais l’idée d’un index de la bonne gouvernance en Afrique n’est-elle pas tout autant folle ? » (« On the Ibrahim prize for African leadership », 22 octobre 2009).

La fondation Mo Ibrahim est en effet également à l’origine d’un indice annuel rendant compte de l’évolution de la gouvernance en Afrique. Cet indice, dont le classement est révélé tous les automnes, évalue à partir de 84 indicateurs regroupés en quatre catégories la fourniture de biens et services publics à leurs concitoyens par les gouvernements et acteurs nongouvernementaux. Là aussi, sa récente publication a fait réagir moult commentateurs du continent. D’autant qu’à la même période, et plus discrètement, la Fondation Mondiale pour La Paix présidée par Robert I. Rotberg, ancien conseiller de l’index Ibrahim, directeur du Programme sur les conflits civils de l’école d’administration Kennedy (Harvard), divulguait son propre classement africain (« Contention over Rankings of African Nations, », New York Times, 6 octobre 2009).

Fiers d’être ghanéens

Ces deux palmarès, dominés par la même dizaine de pays, ne tiennent pas compte du fameux indicateur du bonheur collectif préconisé par le récent rapport Stiglitz commandité par la présidence de l’Etat français. Si on avait pu arriver à le définir, il y alors fort à parier que le Ghana — 7e au classement Mo Ibrahim, et seul pays d’Afrique de l’ouest, exception faite du Cap Vert, à figurer dans un peloton de tête dominé par des nations d’Afrique australe — se serait certainement rapproché du podium occupé par trois îles et archipels : Maurice, le Cap Vert et Seychelles. Le Ghana aurait même battu a plate couture l’Afrique du Sud, cinquième de ce classement. Au sein de sa société devenue la plus inégalitaire du monde, selon l’économiste Haroon Bhorat, de l’université du Cap, le bonheur d’être libéré a en effet laissé place à un ressentiment grandissant (« Un des pays les plus inégalitaires du monde », Sébastien Hervieux, 30 septembre 2009). Ce qui n’est pas le cas du Ghana, pourtant classée 152e nation de l’indice du développement humain.

En 2009, le pays aura fait le plein de « bonnes vibrations »… en attendant de faire un plein de pétrole dont il entend bien exorciser la malédiction (« Le Ghana, futur producteur de brut, peut éviter la malédiction de l’or noir », AFP, 22 juillet 2009). Investiture d’un chef d’Etat démocratiquement élu et retour aux affaires de l’opposition, premier pays du continent visité par le président Obama, sélection de l’équipe des Black Stars à la prochaine coupe du Monde de football, et, finalement, victoire de l’équipe junior des Black Satellites a la coupe du monde des moins de 20 ans — une première pour l’Afrique… tous ces événements auront contribué à euphoriser les citoyens ghanéens (« We are proud to be Ghanians », The Chronicle, Accra, 19 octobre 2009).

Reste encore à trouver le Ghanéen, « héros de la rue » incarnant le mieux cet optimisme propre à un continent qui répète « qu’il n’y a pas de problèmes, seulement des solutions ». Contrairement aux chefs d’Etat, l’Afrique comme le Ghana ne manquent pas d’hommes mettant en pratique la « gouvernance du bas ». Entre une enquête sur les déchets électroniques qui sont illégalement débarqués dans les décharges d’Accra et une mission d’observateur électoral, Jean Michel Rousset, un ancien de l’action culturelle française, nous invite à rendre visite à Eric Adjetey. Eric a 24 ans. Il vit à Teshie, un village côtier des faubourgs d’Accra. Comme feu son grand père Kane Kwei, qui aurait lancé la mode des cercueils personnalisés parmi les pécheurs de l’ethnie Ga, Eric conçoit des « design coffins », dont la forme évoque le métier ou la passion des défunts. En somme, Eric fait le bonheur de ses concitoyens jusque dans l’au-delà. Une histoire qui n’a pas échappé aux publicitaires espagnols chargés de vendre la boisson gazeuse Aquarius, propriété du groupe Coca Cola, aux consommateurs ghanéens. Utilisé comme héros de la campagne télévisée menée au printemps dernier par Aquarius, Eric est aujourd’hui un modèle pour la jeunesse urbaine du pays.

© Jean-Christophe Servant 

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Cameroun : La faute du Cabinet Civil de la Présidence dans l’affaire de l’hebdomadaire congolais Le Choc

4112009

Par OscarGabriel Molla - OGM

martinbelingaeboutoubw.jpgLe microcosme politico-médiatique camerounais est ébranlé depuis peu par une sortie pour le moins inhabituelle du réputé discret, presque secret Cabinet civil de la présidence. Une onde qui s’est répercutée jusque  dans les milieux autorisés de la diaspora. En effet prenant  le prétexte d’un « droit de réponse », à la lisière d’un rappel à la déontologie, le très altier Directeur du Cabinet civil,  Martin Belinga Eboutou, réputé proche du Président Biya, a adressé, le 26 octobre 2009, une mise au point improbable, ayant des allures de mise en garde à l'hebdomadaire congolais Le Choc  qui a défrayé la chronique dans ses dernières livraisons par des articles controversés, non sans maladresse accusant publiquement le  président camerounais de manipulation et  forfaiture.

La saillie de Martin Belinga laisse perplexe et amplifie la confusion et les malentendus nés des “articles” du Choc. A l’observation rien de bien extraordinaire qu’un proche collaborateur du Chef de l’état prenne sa plume pour manifester sa désapprobation à un magazine qui s’attaque toute honte bue  au président et dénoncer « la campagne abjecte de dénigrement » dont ce dernier serait victime. Mais, il faut dire que dans le contexte du Cameroun cette démarche prend une toute autre signification et interpelle à plus d’un titre. Des deux choses, l’une : ou le Palais d’Etoudi considère que le très confidentiel périodique Le Choc, est le bras armé du clan Sassou, auquel cas cette hypothèse légitimerait l’idée selon laquelle il y a un réel combat de leadership en Afrique Centrale  depuis la disparition d’Omar Bongo. Ou alors, la Présidence camerounaise par le biais de son Cabinet Civil prend au sérieux les élucubrations de l'approximatif  Le Choc, ce qui serait inquiétant à ce niveau de la hiérarchie républicaine. Dans l’un et l’autre cas, il y a manifestement erreur d’analyse et mauvaise gestion d’opportunité, accompagnées d’un manque cruel de maîtrise et de perspective dans l’approche d’un dossier si banal qu’un simple service du Ministère des Relations Extérieures ou du Ministère de  la Communication aurait géré sans effort. A se demander à quoi sert l’Ambassade du Cameroun au Congo !

Exercer son droit de réponse est un acte normal en soit et universellement admis. Nul ne conteste cette évidence. Malheureusement, le Dcc semble avoir, par son coup de sang, somme toute conjoncturel,  oublié l’antinomie qu’il y a  entre  droit de réponse et devoir de réserve. Rétrospectivement,  le paradigme juridique  évoqué pour justifier sa correspondance aurait pu  s’effacer devant un autre plus intuitif, celui là, le bon sens. D’autant plus que, les textes polémiques incriminés sont marginaux et ne nécessitent pas  de situer le débat à un niveau aussi élevé de la république. Ce qui nous fait penser qu’il s’agit ici d’un acte délibéré de communication politique intérieur. On est clairement dans le champ classique de la communication politique dans l’espace public endogène. Hélas, dans son  « droit de réponse »,  Martin Belinga se fourvoie et déconstruit les usages et par la même occasion ce qui a toujours fait la « force » du Cabinet Civil : sa discrétion, son mythe et sa distance mesurée. Ce ne serait pas caricatural de dire qu’à  ce rythme, de la déconstruction, on risque de sombrer dans la dérive. De plus, quand on embouche les trompettes de la légende flatteuse de l’universalisme de la démocratie, pour prétendre que le Cameroun s’en est approprié, c’est au bas mot une tartufferie au pire une imposture. Pis, on frôle l’escroquerie quand on s’appuie sur des références chiffrées astucieusement détournées à son avantage.

A n’en pas douter, le Directeur du Cabinet civil convoque adroitement le réflexe identitaire et nationaliste pour créer l’empathie des Camerounais et leur adhésion à une cause dont les contours leur semblent singulièrement imprécis et lointains.  La secondarité des tracas médiatiques du président est une évidence dans la situation du Cameroun aujourd’hui. L’érosion de la légitimité de Paul Biya est telle que tout cela indiffère les Camerounais « moyens».  Dans le champ de la conscience collective, cette affaire est un non-événement. La scission entre la chose publique et l’individu Biya est telle que sa réputation jusque là circonscrite a désormais dépassé les frontières du Cameroun.  En revanche, nous partageons sans manichéisme aucun, le point de vue du Dcc qui dit entre les lignes qu’on gagnerait à materniser l’Afrique centrale pour rendre accessoires les frontières culturelles et politiques. Assurément, cela concourrait à l’émergence d’une réelle identité sinon commune, tout au moins partagée.  De ce point de vue, le Dcc prend de la hauteur et sa correspondance aura au moins le mérite d’avoir une portée symbolique dans le contexte géopolitique sous-régional.

Quoi qu'on en dise, cela reste un alibi qui a enfanté d’un  acte de communication politique. A priori, il suppose une connaissance « des codes et des canaux de l’espace public et une maîtrise de son langage ». Ce qui est manifestement loin d’être le cas du CC qui trahit son passéisme et révèle une certaine fébrilité doublée d’un manque de sang froid dommageable. D’autres formes de médiation et de modalités  mieux adaptées existent pour éclairer l’opinion ou la prendre à témoin. Certes Paul Biya est aujourd’hui dans une situation qu’il déteste. Il est exposé depuis la disparition d’Omar Bongo. Contraint de jouer les leaders de substitution en Afrique Centrale, à son corps défendant, il est devenu de fait la cible des commentateurs de tout bord, lui qui a l’art d’avancer masqué. Ceci explique sûrement pourquoi le Cabinet Civil s’approprie un dossier sans intérêt réel et sans véritable enjeu.  Dans sa démonstration, le Dcc crie au complot pour tenter de limiter les dégâts collatéraux et l’effet de contagion en se faisant l’amplificateur de l’agacement institutionnel. L’argumentation trop technique délibère de manière univoque et place la présidence camerounaise au cœur d’un débat accessoire. En tous les cas, l’intentionnalité brouille le message, car couvert de suspicion. Le médium utilisé fait perdre le sens au discours. On nage en plein marasme de l’intelligence  ayant maladroitement capitulé face  à un petit journal insignifiant.

Rappeljoseohlebw.jpgons au Directeur du Cabinet civil, s'il en était besoin et par la même occasion à son adjoint Joseph Lé, journaliste réputé avisé, que certains magazines sont des machines à générer de l’interprétation. La transgression et la provocation constituent les piliers de leur modèle économique. Par conséquent, qu’un modeste magazine dont le fond et la forme relèvent de la supercherie journalistique serve à son lectorat une tarte à la crème indigeste mélangeant la corruption endémique que tout le monde nous envie ( !) à  un portrait au vitriol du président camerounais, à certains égards réalistes,  n’est qu’un épiphénomène.  Si le Dcc de la présidence s'amuse à répondre à chaque fois qu'une publication, un site internet  “s'attaquent” à Paul Biya, il n'est pas sorti de l'auberge. Nous pensons qu’il y a d’autres urgences et priorités au Cameroun.  La hiérarchisation des enjeux devrait être l’impératif actuel et la prise en compte du fait moderne communicationnel, une nécessité.

De plus, en citant nommément : Jean Paul Tedga, Mila Assouté et bien d’autres encore, Martin Belinga leur déroule le tapis rouge et leur offre une légitimation et une notoriété inespérées!  Politiquement, c’est incontestablement une faute. Stratégiquement c’est contre-productif, tactiquement aventureux  pour le pouvoir camerounais en place et du pain béni pour les personnes concernées et leurs alliés. Il faut dire que l’austère longiligne Dcc a longtemps fait illusion avec ses grands airs de diplomate « averti ». Aujourd’hui dans la confusion et la cacophonie qui caractérisent  la communication gouvernementale il vient de révéler qu’il manque de sang-froid et d’expérience dans la communication politique en dehors des couloirs feutrés des palais et chancelleries. 

De manière plus générale, cette péripétie vient dévoiler les incuries et les contradictions de la communication au sommet de l’état, peu habitué à cet exercice périlleux. Rien d’étonnant,  d’autant plus qu’une bonne partie de celle-ci a été privatisée et externalisée depuis une dizaine d’années au bénéfice  d’une certaine Patricia Balme, dont ni les états de service, ni les compétences discutables ne justifient les émoluments colossaux qui lui sont versés. Une autre partie de cette communication est du domaine réservé du présumé didactique Jacques Fame Ndongo, Ministre de l’enseignement supérieur, dont les lyrismes intermittents en qualité de chargé de communication du RDPC ressemblent davantage à des thèses de linguistique qu’à des messages politiques destinés à être assimilés et compris par le commun des mortels.  La dernière partie de ce vaste chantier de la communication, la plus congrue,  revient au transfuge Issa Tchiroma, hier encore « opposant », aujourd’hui porte-parole du gouvernement et accessoirement Ministre de la communication. Ce ministre que son errance et  sa transhumance politiques  de l’opposition vers la « majorité présidentielle » et inversement, disqualifient d’être porte-parole d’un gouvernement qu’il a combattu pendant des années semble être réduit au rôle de spectateur, dans une affaire dont il aurait du être l’un des acteurs principaux. En fait, cet illustre clone politique de l'inutile Bello Bouba, lui aussi ayant bénéficié d’un maroquin, est un  personnage médiocre dont on ne peut malheureusement s'empêcher de penser que son silence enrichirait la vie républicaine et rendrait service à la démocratie.

En définitive, nous affirmons que « la pensée devrait être une vigilance continuelle » et la réflexion une urgence pour les proches collaborateurs du Chef d’état camerounais. Il s’agit d’intégrer la dimension ternaire de la réflexion qui conjoint, contextualise et enfin simplifie. Dans la sphère de la communication politique consubstantielle des canaux et du message véhiculé, elle donnerait de la cohérence et  du relief à l’action gouvernementale en  permettant d’opérer des arbitrages adaptés aux circonstances et à l’époque contemporaine. C’est pourquoi on est en droit de se demander si les auteurs de la correspondance au magazine  Le Choc  ont réfléchi, mesuré,,évalué et  anticipé  les impacts de leur « droit de réponse »,  instance dont ils gagneraient à user avec beaucoup de subtilité et discernement. Nous disons que, quand on prend le risque d’instrumentalisation d’un quasi fait divers, pour poser un acte politique aussi important il faut en mesurer les conséquences au préalable.  Nous pensons que dans le cas qui nous préoccupe et qui relève de la plaisanterie de bistrot, il eut été urgent d’attendre ou de déléguer aux services compétents. Nous en concluons qu’il y a faute et surtout faute politique. Martin Belinga, eu égard à son rang, n’est ni l’interlocuteur, ni l’intercesseur indiqué dans ce « conflit » de pacotille. La diplomatie est une posture, la communication, une attitude.

Oscar Gabriel Molla – OGM.

Blog :  http://molla.unblog.fr

Téléchargez le “droit de réponse” du Directeur du Cabinet civil : ici

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Un hyper-réseau pour combler le déficit en TIC en Afrique centrale

3112009

lafriquenouveleldoradodestlcommunications.jpgL’idée de connecter toutes les capitales et les principales villes secondaires de l’Afrique centrale à partir d’un réseau de télécommunications haut débit en fibre optique est en cours de devenir une réalité.

En effet, le Conseil d’Administration du Groupe Banque mondiale vient d’approuver le Programme de réseau de télécommunications haut débit d’Afrique centrale (en anglais, « Central Africa Backbone », en abrégé CAB), un projet de 215 millions de dollars américains destiné à offrir une opportunité exceptionnelle pour la région d’accéder aux moyens les plus modernes de télécommunications dans des conditions de débit et de prix raisonnables.

Onze pays au total sont éligibles au Programme CAB.  Il s’agit des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) —Cameroun, Tchad, République centrafricaine (RCA), Gabon, République du Congo, Guinée équatoriale—, mais aussi le Niger, le Nigéria, la RDC, Sao Tomé et Principe et le Soudan. D’un financement de 26,2 millions de dollars, la première phase qui vient d’être lancée concerne essentiellement le Cameroun, le Tchad et la RCA, car l’Afrique centrale accuse un très grand retard par rapport aux autres régions en termes d’accès et de niveau de prix des services TIC. Les tarifs mensuels dans la sous-région s’élèvent au double de ceux du reste de l’Afrique, et peuvent atteindre jusqu’à trois fois ceux des autres parties du monde.

Combler le fossé tout en réduisant les coûts d’accès

La plupart des pays couverts par le programme CAB se situent non seulement en dessous de la moyenne mondiale, mais aussi en dessous de la moyenne en Afrique subsaharienne. Ils subissent, de ce fait, de prix élevés et d’une carence en matière d’accès. A 67 dollars par mois (2007), les frais de connexion aux services Internet sont plus élevés dans les pays visés par le programme comparativement à la moyenne en Afrique subsaharienne (43 dollars) et à la moyenne mondiale (21 dollars). Par ailleurs, les tarifs de la bande passante internationale peuvent être jusqu’à 50 fois plus élevés pour les pays enclavés que pour les pays connectés aux câbles sous-marins à fibre optique (le Tchad et la RCA utilisent exclusivement les communications par satellite).

Ainsi, la première composante du programme CAB vise à favoriser l’environnement sectoriel à travers la modernisation et l’harmonisation du cadre légal et réglementaire, ainsi que par le renforcement de la capacité des institutions publiques telles que les ministères sectoriels et les autorités de régulation.

Le Programme va bénéficier, dans sa première phase actuelle, de la dorsale optique de plus de 1000 kilomètres tirés le long du parcours de l’oléoduc reliant le terminal maritime de Kribi (Cameroun) aux gisements pétroliers de Komé (Tchad), afin de connecter ces deux pays et la RCA au réseau Internet à haut débit.

Pour Mary Barton-Dock, Directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Cameroun, le Tchad et la RCA, « le programme CAB est très important pour les pays concernés car il se trouve au cœur de leurs stratégies de développement. Ils pourront ainsi créer un environnement favorable, favoriser la concurrence et, éventuellement, accroître l’accès tout en réduisant les coûts pour les utilisateurs ».

Dans un récent rapport intitulé « Information and Communications for Development 2009: Extending Reach and Increasing Impact » (Information et communication au service du développement 2009: élargir l’accès pour plus d’impact), la Banque mondiale a constaté que lorsque l’accès à Internet augmente de 10 points de pourcentage, il s’ensuit une croissance économique établie à 1,3 points de pourcentage. Cette étude a par ailleurs désigné la plate-forme mobile comme le moyen le plus puissant d'atteindre et de fournir des services publics et privés à des centaines de millions de personnes dans les zones éloignées et rurales dans les pays en développement.

Moderniser le secteur des TIC et promouvoir les partenariats public-privé

Le projet CAB est à la fois un modèle d’intégration et de partenariat public privé, car sa conception et sa mise en œuvre ont nécessité le concours de plusieurs organisations régionales telles que la Banque africaine de développement (BAD) et la CEMAC. Ses objectifs seront de: (i) maximiser l'utilisation du financement privé (ou de minimiser l'utilisation du financement public), (ii) assurer la faisabilité et l'attrait de l'opération, et (iii) d'assurer le libre accès aux infrastructures de connectivité régionale et garantir la concurrence, des tarifs raisonnables à l’échelle nationale, régionale et internationale.

En plus du développement des infrastructures, le programme CAB permettra aussi de tacler les contraintes liées au secteur des TIC au niveau national dans chacun des pays concernés. Il s’agira d’améliorer l’environnement concurrentiel, notamment par la mise en place des outils de régulation, la libéralisation accrue du secteur, la restructuration et la privatisation de l’opérateur historique, et la promotion des partenariats public-privé pour maximiser l’impact du CAB.

Il est à noter que plusieurs projets avaient déjà été proposés dans la région, mais n’ont pu voir le jour, en raison d’une combinaison de facteurs, notamment une réglementation peu adaptée, un contexte et des politiques peu favorables aux investissements, la complexité d’un projet d’investissement multi-pays et les doutes concernant sa pérennité financière.   

« Les programmes d'infrastructures à caractère régional tels que le CAB illustrent la portée bénéfique d’un partenariat solide entre gouvernements, secteur privé et partenaires au développement », a déclaré Yann Burtin, chef d’équipe du projet. Les contributions de la BAD et de la Commission de l'Union africaine sont essentielles au processus, a-t-il ajouté.

L’apport des partenaires au  développement

Le Groupe Banque mondiale contribuera 215 millions de dollars au projet sur une période de 10 ans par le biais de l'Association internationale de développement (IDA) et de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD). La BAD fournira quant à elle un financement parallèle dans le but de mobiliser 98 millions supplémentaires du secteur privé.

En collaboration avec la CEMAC, l'Union africaine jouera un rôle important en facilitant la coopération intergouvernementale et l'harmonisation des politiques. La Société financière internationale (IFC) sera également mise à contribution pour aider les gouvernements dans la structuration des partenariats publics privés.

© Source : Banque Mondiale

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Dans l’actu > INVICTUS: le film qui retrace l’histoire de Nelson Mandela grâce à Morgan Freeman et Matt Damon

28102009

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Ce film mérite indiscutablement l'Oscar. Une merveille dirigée par Clint Eastwood qui retrace un pan inconnu de l'histoire de l'ancien leader sud africain Nelson Mandela.

Dans Invictus, Morgan Freeman et Matt Damon prennent les traits de deux personnages qui ont lutté pour éradiquer le racisme au lendemain de l'apartheid. En utilisant le sport comme élément rassembleur, le président fraîchement élu Nelson Mandela s'allie à François Pienaar, le capitaine blanc de l'équipe nationale de rugby sud africaine. Cette première coupe du monde sur le sol africain prend une symbolique toute particulière.

Grâce à l'engouement national provoqué par leur passion commune, l'équipe, portée par tout un pays, a remporté la Coupe du monde de Rugby de 1995 qui s'est déroulée chez eux. Cette cause populaire a eu raison des clivages raciaux et a fait oublier aux Sud-Africains leurs problèmes sociaux et économiques le temps de la compétition.

Le film est inspiré du Best Seller de John Carlin intitulé “Playing the Enemy : Nelson Mandela and the Game That Made a Nation” . Réalisation : Clint Eastwood. Du grand art!

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1996: ce que Titus Edzoa reproche à Paul Biya

27102009

(Quotidien camerounais “Le Jour”, 26/10/2009)

Dans un entretien accordé à Haman Mana[actuel Directeur de publication du quotidien camerounais “Le Jour” et ancien D.P de “Mutations”] il explique sa difficulté à travailler avec Paul Biya : «j'ai toujours été positif. Mais ce n est pas à un ministre de dire que tout est immobile. Vous le voyez vous-même, rien ne marche. On lui dit : «Bougez ! Bougez!», il ne bouge pas. Il ne travaille pas. Vous ne pouvez pas vous imaginer les efforts qu’on fait de l’intérieur pour que les choses évoluent. Pour faire aboutir la nouvelle constitution, ce fut très rude. Il ne voulait même pas qu’on limite les mandats. Et lorsque vous expliquez qu’on doit limiter les mandats pour obliger les hommes d’Etat à se donner un programme d’action établi dans le temps, on vous taxe de rebelle. Les gens s’imaginent qu' ils vont gouverner sans calendrier. Ce n'est pas possible. Il faut des programmes étalés sur une période donnée. Là, on est obligé de produire des résultats »

Il s’enrage contre son ancien ami : «Voyez-vous, vous êtes deux amis. Vous êtes ambitieux. Il appelle l’un de vous et lui dit: « je vais te nommer à tel poste », puis il le fait. Vous vous mettez à travailler. Ensuite, il appelle votre ami et lui dit du mal de vous et de votre manière de travailler. Et promet votre poste à votre ami. Puis il vous dit que votre ami fait des pieds et des mains pour prendre votre poste. Quelques temps après, il le nomme à votre place. Comment ce dernier peut-il démontrer qu 'il n 'est pas à l’origine de votre chute ? Vous êtes obligé de vous brouiller. Et cela installe un climat malsain, un climat de méfiance et d'animosité. Et pourtant vous êtes complémentaires et on a besoin de cela pour un bon rendement. Aujourd’hui, il y a des techniques modernes de gestion. Un travail d'équipe ».

Source : Mutations N°43   - du 28 avril au 4 mai 1997

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“1er janvier 2009 – 27 octobre 2009 : Paul Biya , 115 jours sur 300 passés à l’étranger”.

“98 jours de séjour privé et 15 jours de séjour officiel”

Voyages de Paul Biya à l’étranger depuis janvier 2009

  • 30 janvier 2009 : visite officielle à Libreville (sommet extraordinaire de la Cemac)
  • 22 février – 8 mars : séjour privée en Europe
  • 9 avril - 10 mai : séjour privé en Europe
  • 15 – 16 juin 2009 : visite officielle à Libreville (Obsèques du président gabonais Omar Bongo) 21 au 24 juillet : visite officielle en France 24 juillet – 31 juillet : séjour privé en France
  • 15 août – 5 septembre : vacances à la Baule en France
  • 18 au 29 septembre : visite officielle à New York (64ème assemblée générale de l’Onu)
  • 29 septembre – 21 octobre : séjour privé en Europe

Source : Le Jour, 27/10/2009

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La mal gouvernance politique et économique des dirigeants africains s’explique-t-elle par des facteurs culturels ?

26102009

Les peuples d’Afrique continuent à souffrir de bien des maux et s’acharnent pour bien des raisons, à accuser la mal gouvernance de leurs dirigeants. Bon nombre d’africains ont du mal à comprendre le « paradoxe économique » expliqué d’une part par l’abondance des ressources économiques et d’autre part par la pauvreté dégradante du continent noir. C’est ici que naissent des interrogations cruciales relatives à la politique, à la gouvernance et à la démocratie. En effet, nous nous interrogeons si les facteurs culturels ont leur part d’explication en regard de la mal gouvernance des dirigeants africains. Autrement dit, la culture constitue-t-elle un frein au leadership et à la gouvernance des dirigeants africains ? Pour mieux articuler notre réflexion, nous allons nous atteler sur la notion de leadership comme « politique » de base de tout développement économique nationale, ensuite pointer du doigt les indicateurs culturels susceptibles d’être responsables de la mal gouvernance en Afrique. Conclure enfin, en ouvrant de pistes de réflexions.

 1 . La « politique » comme base du développement économique nationale.

Il nous faut placer le leadership, comme politique, à la base de tout développement économique avant de mesurer l’implication de la culture dans la gouvernance des dirigeants africains. Nous référant à l’étude faite par l’équipe de chercheurs camerounais[1] sur les leaders africains, nous pouvons concevoir le leadership à travers une série d’attributs et d’indicateurs nous permettant, dans la deuxième partie de ce travail, de saisir le contraste et de nous rendre compte de l’implication de la culture dans la mal gouvernance des dirigeants africains.

 En effet, des compétences que l’on peut juger universelles sont à la base de toute réussite en matière de développement. La qualité de la vision politique  qui comporte l’originalité et la puissance, la hauteur de vue et la pertinence des idées, la capacité à articuler les problèmes nationaux dans une perspective africaine doit être le premier critère pour apprécier le profil du dirigeant africain. Ensuite vient la qualité de la stratégie, comportant la cohérence du programme de gouvernement, le réalisme et l’efficacité, et le rejet du populisme. La capacité de mise en place et en œuvre des plans et programmes d’action doit se concrétiser dans la pertinence des principales mesures, dans l’efficacité et la validité des mesures contenues dans le programme, dans la couverture nationale du programme et la capacité à produire régulièrement des idées nouvelles.

Les talents personnels de chaque dirigeant doivent comporter l’intégrité et la moralité, les talents d’orateur et la capacité à convaincre, le degré de popularité et le pouvoir de mobilisation, la capacité à attirer des cadres au sein de son mouvement, la capacité à séduire le secteur privé, l’entretien des relations avec les bailleurs de fonds internationaux, la capacité à travailler efficacement avec les ONG, la volonté d’intégrer la jeunesse dans la vie politique, la volonté d’intégrer les femmes dans la vie politique, la capacité à anticiper et à résoudre les problèmes avant qu’ils ne se les posent, la capacité à négocier, la capacité à se remettre en cause et à se renouveler.

 Si tel est l’aperçu que l’on peut avoir du leadership et de la gouvernance en général, les attitudes des dirigeants africains s’inscrivent-elles dans cette logique ou s’en éloignent à cause des facteurs culturels ?

 2. La culture, un des facteurs explicatifs de la mal gouvernance en Afrique

Dans son livre « Culture africaine et gestion de l’entreprise moderne », ZADI KESSY attire l’attention des leaders et des managers africains sur certains aspects culturels susceptibles de freiner le développement de toute entreprise.

« Les difficultés de gestion rencontrées par les entreprises sont […] dues, en partie, à l’influence d’un système social traditionnel qui, même s’il est aujourd’hui désorganisé, a un poids déterminant sur les mentalités. Cela est d’autant plus vrai que la plupart des Africains restent encore très attachés à leur village et aux affaires traditionnelles, même dans les milieux urbanisés, industrialisés et instruits. [2]»

En fondant notre réflexion sur les différents paramètres constituant le leadership de chaque dirigeant et sur cette déclaration de ZADI Kessy, nous nous rendons compte que certains éléments de la culture africaine, ou mieux des cultures africaines, s’opposent aux principes standards susmentionnés. En effet, l’incapacité à préparer et à anticiper le long terme que l’on remarque chez certains dirigeants africains explique leur manque de vision et de pertinence d’idées. Les cas des fléaux et pandémies chroniques s’abattant systématiquement sur les populations illustrent bien cela. Le manque de vision du leader ne conduit pas les peuples à s’ouvrir au monde extérieur. D’où la tendance nationale à se recroqueviller en fermant les portes aux investisseurs internationaux.

Si des pays africains ont encore du mal à vivre l’alternance, c’est parce que des attitudes traditionnelles telles le communautarisme, le népotisme, l’égoïsme familial ainsi que clientélisme continuent à faire écran et empêchent le réel développement socio-économique. La solidarité et l’esprit de convivialité, considérés longtemps comme valeurs africaines, se métamorphosent au fil des temps en contre-valeurs. L’africain qui s’est longtemps occupé des membres de sa famille maintient la même attitude lorsqu’il arrive au pouvoir. D’où la gouvernance sinistrée.

La dictature, cause de la conception traditionnelle d’une autorité à vie ou pour toujours, héritage reçu de la tradition ethnique ou familiale, s’oppose totalement aux principes de démocratie qui veulent que le peuple ait sa part de pouvoir dans la politique et la gouvernance. L’africain, renommé par sa sociabilité, se sent contrarié, voire humilié lorsqu’il s’agit de discuter ou de dialoguer avec ceux qui ne sont pas de la même ethnie, de la même religion, de la même opinion politique que lui. La difficile intégration de la notion d’intérêt général continue à faire défaut. L’irrésistance vis-à-vis de la pression ethnique, familiale, partisane et amicale se vit au quotidien. La tendance souvent inconsciente, à vivre dans l’opulence, ne fait que creuser le fossé entre les leaders et les peuples.

Les sociétés africaines étant généralement hiérarchisées, le chef est respecté et craint. Il ne peut pas être contredit par ses subordonnés. Dès lors, se remettre en cause devient presque impossible pour certains leaders. Les sociétés traditionnelles se sont construites à travers une conception de l’« aîné » comme le « sage du village », donc tout puissant, exempt d’erreur. Une telle conception s’applique à la gouvernance politique et toute procédure démocratique devient de facto fastidieuse.

Bien que certains aspects des cultures africaines expliquent la mal gouvernance de quelques dirigeants africains, d’autres facettes de ces mêmes cultures constituent un levier puissant pour le développement économique de beaucoup de pays d’Afrique. En marge de ces valeurs et contre-valeurs culturelles, on n’oublie souvent que les compétences intellectuelles (rigueur dans le travail, cohérence, logique, pertinence…) se trouvent à la base de toute réussite en matière de gestion et de gouvernance. Bref, tout ne s’explique pas par des facteurs culturels. Il existe d’autres facteurs internes et externes qui poussent certains dirigeants africains à adopter de faux ou mauvais principes de gouvernance et de gestion. Rappelons au terme qu’aucune culture ne peut à l’heure actuelle, se développer en autarcie ou en vase clos. Toute culture est appelée à l’interdépendance et doit être appréhendée en termes dynamique, comparatif et différencié. Le développement ne serait-il donc pas une démarche planifiée, à la fois individuelle et collective, de changement de pensée et de mentalité afin de rendre le continent africain, chacun de ses pays, plus apte à atteindre ses objectifs à court et moyen terme ?

©  Source : Faly RAMAMIARIVONY

[1] Jeune Afrique Economique, Que valent nos leaders ?, N°371, Octobre 2006, p.16-17.

[2] ZADI Kessy, Culture africaine et gestion de l’entreprise moderne, Abidjan, CEDA, 1998, p.10

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Les évêques africains dressent un réquisitoire contre les dirigeants politiques et dénoncent les faiblesses de l’Eglise

25102009

21octobre2008evequesafricainssynodedesevequesromevatican.jpg En trois semaines, le synode sur l'Afrique, qui s'achève samedi 24 octobre à Rome, a pr is des allures de réquisitoire contre la gouvernance des responsables politiques locaux et le s faiblesses de l'Eglise sur place.Dans une synthèse de leurs travaux de ces dernières semaines, les pères synodaux ont fermement demandé, vendredi, aux responsables politiques catholiques africains de se comporter comme des “saints” pour le bien de leurs peuples ou de quitter leurs fonctions ; ils ont aussi interpellé les non-catholiques, les puissances étrangères et leur propre clergé.

Au fil de leurs interventions et, tout en reconnaissant à l'Eglise catholique une croissance et un dynamisme réels, les évêques africains, se sont montrés particulièrement sévères envers leur propre institution ; ils ont critiqué des pratiques qui, selon eux, mettent en péril la crédibilité de l'Eglise sur place. “Il faut avoir le courage de dénoncer ce qui est mal au sein de l'Eglise”, a lancé Polycarp Pengo, l'archevêque tanzanien de Dar es-Salaam. Il a ainsi fustigé “l'autoritarisme, le tribalisme et l'ethnocentrisme” de certains responsables d'Eglise, engagés aux côtés de partis politiques, tandis qu'un de ses confrères déplorait “l'implication des prêtres dans la corruption”.

Inquiet des pratiques culturelles “occultes” de certains membres du clergé, un évêque nigérian a aussi estimé que “les libations, le culte des ancêtres, les sacrifices offerts aux idoles et aux dieux ne sont pas compatibles avec le message de l'Evangile”.

Il a appelé le synode à réfléchir à une meilleure formation des séminaristes et des prêtres. Quant aux fidèles, attirés par les “sectes” pentecôtistes qui, à coup de “millions de dollars”“solutions rapides à leurs problèmes”, ils ont été invités à “développer une spiritualité équilibrée”. “Ces groupes souvent agressifs parlent de l'Eglise catholique comme d'une Eglise morte”, s'est inquiété Mgr Martins, du Nigeria, qui a proposé “l'instauration de petites communautés chrétiennes” pour que les fidèles s'y sentent reconnus et, le cas échéant, aidés. leur proposent des

Les évêques ont aussi invité les religieux qui ne respectent pas toujours leur engagement de pauvreté et de célibat, à “se rappeler que les offrandes apportées par les fidèles ne sont pas destinées au seul clergé mais aux pauvres et à l'Eglise en général”. En Afrique, il n'est pas rare que des prêtres ou des évêques gèrent une entreprise commerciale.

Avec constance, les évêques ont également mené la charge contre les responsables politiques et leur mauvaise gouvernance, “cancer qui dévore le continent”, selon les termes d'un évêque kenyan. L'archevêque de Dakar (Sénégal), Théodore-Adrien Sarr, a dénoncé “la corruption des dirigeants africains qui accordent des avantages et des profits démesurés aux multinationales au détriment de leur pays, les conflits armés fomentés par les marchands d'armes et le pillage des ressources naturelles”.

L'un de ses confrères tanzaniens a déploré que les hommes politiques considèrent leur élection comme un “permis de voler, dénonçant au passage les gouvernants qui “croient en la sorcellerie, la superstition et l'occultisme”.

Par ailleurs, même si la période coloniale est aux yeux de ces évêques largement dépassée, l'influence de la “pensée unique” de l'Occident est copieusement fustigée. Elle aurait des influences “nocives” sur la famille et le mariage, et favoriserait, entre autres, l'avortement, l'homosexualité et “une confiance irréaliste en l'efficacité du préservatif” dans la lutte contre le sida, laquelle passe surtout, selon eux, par la fidélité et l'abstinence. Ce sujet avait fait polémique lors du voyage du pape Benoît XVI en Afrique, lorsqu'il avait déclaré que l'utilisation du préservatif “aggravait le problème ” de la pandémie.

Egalement inquiets de la vague d'émigration qui touche l'ensemble du continent, les évêques ont estimé que les solutions, notamment la lutte contre la pauvreté, sont à rechercher sur place : “Nous nourrissons l'espoir de susciter chez les Africains subsahariens un sursaut ou une renaissance de l'homme noir”, a déclaré le cardinal sénégalais. Il a appelé les gouvernants à prendre en main “le destin de leurs peuples”.

Les pères synodaux devaient remettre à Benoît XVI une série de propositions concernant les actions spécifiques de l'Eglise en Afrique.

© Source : Stéphanie Le Bars (Le Monde, 25.10.2009)




Patrice Motsepe :Le Sud-Africain milliardaire grâce la discrimination positive

20102009

  patricemotsepe.jpg Même s'il est né à Soweto, un township noir de Johannesburg, Patrice Motsepe n'est pas un enfant des bidonvilles. De sang royal, sa famille était plutôt prospère, même dans l'Afrique du Sud de l'apartheid. Lui-même est diplômé de droit d'une université réservée normalement aux Blancs.

 

Quand Nelson Mandela devient Président, Patrice Motsepe se lance dans le secteur minier. Or, platine, nickel, fer… son groupe se développe peu à peu, malgré la difficulté de trouver des financements lorsque l'on n'a pas de capital. Au départ, Motsepe s'en sort avec une gestion “low cost”. Partenariats, rachats, diversification : le groupe grossit, aidé par une nouvelle législation qui impose aux compagnies minières d'être détenues au minimum à 26% par des actionnaires noirs.

 

A la tête d'une fortune de 2,5 milliards de dollars, le patron d'African Rainbow Minerals fait partie des hommes les plus riches d'Afrique du Sud, qui sont tous des Blancs, à part lui.

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Patrice Tlhopane Motsepe is Executive Chairman of African Rainbow Minerals Limited, ARM, a leading, niche-diversified mining and minerals company, based in Johannesburg, South Africa. He is also the non-executive Chairman of Harmony and the Deputy Chairman of Sanlam. His various business responsibilities include being President of Business Unity South Africa (BUSA), which is the voice of organised business in South Africa. He is also president of Mamelodi Sundowns Football Club.

 

Mr. Motsepe began his business career as a child when he would wake early to help his entrepreneurial father by selling liquor to mine workers at his father's shop. “I must have been about eight when my dad said one day, We make so much money when you're behind the counter you should take over the business when you grow up. But it was hard work, from 6am to 8pm. I soon realised I needed to choose a career that would keep me away from that shop! That's how I came to decide when was only eight that I'd become a lawyer.”He went on to earn a BA from Swaziland University and a LLB from Wits University.

 

In 1994 he became the first black lawyer to be made a partner at the law firm Bowman Gilfillan, where he specialized in mining and business law before becoming restless. He then shifted to the mining industry. He Started a contract mining operation called Future Mining which provided various services to Vaal Reefs gold mine, now part of AngloGold. Unable to secure a loan, he ran his business from a briefcase for the first eight months.

 

Mr.Motsepe formed African Rainbow Minerals (ARM) in 1997 and acquired a number of marginal shafts at Vaal Reefs in January 1998 on favorable financial terms, followed by the purchase of other marginal shafts owned by AngloGold in the Free State.

 

Today he's the biggest single shareholder of the world's fifth-largest gold mining company. His firm, African Rainbow Minerals, controls 19.8 per cent of Harmony. His family trust owns 43.1 per cent of ARM. Forbes  magazine racks him as 503th richest person in the world in their and South Africa's first black billionaire with an estimated net worth of $2.5 billion dollars.

 

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Harmony Gold Mining Company specializes in turning old digs into new digs. Harmony is South Africa's largest gold miner, after acquiring ARMgold in 2003, and the sixth largest in the world. The company buys mature gold mines with lagging production and turns them into low-cost, high-productivity mines. It had 2003 revenues of $1.2 billion and has 50,718 employees.

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